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Correcteur orthographique

Fautes d'orthographe dans un mail professionnel : les éviter ligne par ligne

Quand on relit des fautes d'orthographe dans un mail professionnel, on les trouve presque toujours aux mêmes endroits : la salutation, le verbe qui suit « je », l'annonce de la pièce jointe et la formule finale. « Je vous envoi », « veuillez trouvez », « je me permet » ou « Mr Dupont » se corrigent avec quelques règles simples. Les voici, dans l'ordre où vous rédigez votre message.

Sommaire
  1. La salutation et l'objet
  2. Le verbe après « je » : -e ou -s ?
  3. La pièce jointe : veuillez trouver, ci-joint
  4. À l'attention de, à toutes fins utiles et autres tournures
  5. Dans le texte du message : participes et infinitifs
  6. Formules de fin de message
  7. Relire un mail en une minute
  8. Les fautes du mail professionnel en un tableau
  9. Questions fréquentes

Un courriel de travail est écrit vite et lu vite. Votre interlocuteur voit la première ligne avant le contenu : une faute à cet endroit attire l'œil plus qu'ailleurs. Les règles ci-dessous ne sont pas propres au courrier ; ce sont les fautes d'orthographe les plus fréquentes, appliquées aux tournures que l'on retrouve dans chaque message.

La salutation et l'objet

La salutation se termine par une virgule, et la phrase suivante commence par une majuscule. Quand vous vous adressez directement à quelqu'un, écrivez Madame ou Monsieur en toutes lettres. Les abréviations servent quand on parle de la personne : M. pour Monsieur, Mme pour Madame (sans point). « Mr » est l'abréviation anglaise.

L'objet est une étiquette courte, pas une phrase : une majuscule au premier mot, pas de point final. Les jours et les mois y restent en minuscules, comme partout ailleurs.

Bonjour a tous, → Bonjour à tous, Essayez « avait » : « Bonjour avait tous » ne veut rien dire, donc accent.

Bonjour Mr Dupont, → Bonjour Monsieur Dupont, On s'adresse à lui : en toutes lettres.

Objet : Réunion du Jeudi 5 Novembre. → Objet : réunion du jeudi 5 novembre Minuscules, pas de point final.

La confusion entre « a » et « à » guette dès la première ligne. Le test « avait » et les autres paires du même genre sont expliqués sur la page des homophones grammaticaux.

Le verbe après « je » : -e ou -s ?

C'est la faute la plus typique du courrier, parce que presque chaque phrase commence par « je ». La règle se lit sur l'infinitif. Si le verbe se termine par -er, le présent se termine par -e : j'envoie, je remercie, je confirme, je vous prie. Tous les autres verbes prennent un -s : je joins, je transmets, je me permets, je reviens, je reçois.

Je vous envoi le planning. → Je vous envoie le planning. Envoyer finit par -er. Sans e, « envoi » désigne la chose envoyée.

Je me permet de vous rappeler notre rendez-vous. → Je me permets de vous rappeler notre rendez-vous. Permettre finit par -re : -s avec « je ».

Je vous transmet sa réponse. → Je vous transmets sa réponse. Même règle que pour permettre.

Je vous joint le devis. → Je vous joins le devis. Joindre : je joins, il joint.

Deux formules de politesse ajoutent un piège de temps. On écrit « je vous serais reconnaissant », au conditionnel, pour adoucir une demande : « serez » ne va qu'avec « vous ». Quant à la gratitude, elle repose sur le verbe savoir : « je vous saurais gré de me répondre », jamais « je vous serais gré ».

La pièce jointe : veuillez trouver, ci-joint

La phrase qui annonce un document cumule deux pièges. Le premier : après « veuillez », comme après tout verbe conjugué, on met l'infinitif. Remplacez par « prendre » : on dit « veuillez prendre », pas « veuillez prenez ». Donc « veuillez trouver », « merci de bien vouloir renvoyer ».

Le second : l'accord de « ci-joint », qui varie selon l'endroit où il se trouve.

  • Il ouvre la phrase, ou il précède un nom sans article : invariable. « Ci-joint les deux devis. » « Vous trouverez ci-joint copie de l'avenant. »
  • Il suit le nom : il s'accorde, comme un adjectif. « Les deux devis ci-joints. » « L'attestation ci-jointe. »
  • Il se trouve au milieu de la phrase, avant un nom qui a un article : vous choisissez. « Vous trouverez ci-joint l'attestation » et « ci-jointe l'attestation » sont tous deux corrects.

« Ci-inclus » suit exactement la même règle.

Veuillez trouvez ci-joint mon relevé d'heures. → Veuillez trouver ci-joint mon relevé d'heures. « Veuillez prendre » : c'est l'infinitif.

Ci-joints les comptes rendus. → Ci-joint les comptes rendus. En tête de phrase : invariable.

Merci de relire les pages ci-joint. → Merci de relire les pages ci-jointes. Après le nom : accord.

Merci de bien vouloir signez le bon de commande. → Merci de bien vouloir signer le bon de commande. « Bien vouloir prendre » : infinitif.

Avant d'envoyer, vérifiez aussi que la pièce est vraiment attachée : c'est l'oubli le plus banal, et aucun correcteur ne le voit.

À l'attention de, à toutes fins utiles et autres tournures

Le courrier administratif a ses locutions toutes faites. Elles ne changent jamais de forme : une fois apprises, elles le restent.

À éviterÀ écrirePourquoi
A l'intention de M. MartinÀ l'attention de M. MartinLe document est signalé à son attention ; l'autre formule veut dire « pour ». La majuscule garde son accent.
à toute fin utileà toutes fins utiles« Fins » et « utiles » au pluriel, toujours.
suite à votre appelà la suite de votre appelL'Académie française déconseille « suite à », très répandu dans l'usage administratif.
autant pour moiau temps pour moiL'Académie française recommande « au temps » ; la forme « autant pour moi » reste très répandue.
pallier à ce retardpallier ce retardOn pallie un manque, sans préposition.
quelque soit la datequelle que soit la dateDeux mots devant « soit » ; « quelle » au féminin, comme « date ».
au jour d'aujourd'huiaujourd'huiRépétition : « aujourd'hui » renferme déjà l'idée de « ce jour ».

Pour taper le « À » majuscule sans chercher, la page sur le A majuscule accentué donne les raccourcis de chaque clavier.

Dans le texte du message : participes et infinitifs

Au cœur du message, on retrouve les fautes de tout texte, avec une préférence pour le participe passé. Trois cas reviennent dans presque chaque échange.

Merci de m'avoir répondue rapidement. → Merci de m'avoir répondu rapidement. On répond « à » quelqu'un : pas de complément direct, pas d'accord.

Les fichiers que vous m'avez envoyé sont illisibles. → Les fichiers que vous m'avez envoyés sont illisibles. « Que » reprend « les fichiers », placé avant : accord.

Vous avez du recevoir ma relance. → Vous avez dû recevoir ma relance. Le participe de « devoir » prend un accent au masculin singulier.

Je reste disponible pour en discuté. → Je reste disponible pour en discuter. Après « pour », l'infinitif.

Les phrases longues favorisent les erreurs d'accord : quand le sujet est loin du verbe, on accorde avec le mot le plus proche. Une idée par phrase : le sujet reste près de son verbe.

Formules de fin de message

En fin de courriel, une formule brève fait l'affaire : « Bien cordialement », « Cordialement », « Bonne fin de journée », « Bien à vous ». « Cordialement » prend un seul m : c'est « cordiale » suivi de « -ment ». Réservez les tournures développées, du type « je vous prie d'agréer… », au courrier formel et aux candidatures.

Si vous ouvrez la dernière phrase par un participe ou une locution qui vous concerne (« En vous remerciant », « Dans l'attente de votre réponse »), le verbe qui suit doit lui aussi parler de vous : son sujet sera « je ». « Veuillez » a pour sujet votre correspondant, il ne convient donc pas.

Cordialemment, → Cordialement, Un seul m.

Dans l'attente de votre retour, veuillez agréer mes salutations. → Dans l'attente de votre retour, je vous prie d'agréer mes salutations distinguées. C'est vous qui attendez : « je » doit suivre.

Recevez l'expression de mes salutations distinguées. → Recevez mes salutations distinguées. Les sentiments s'expriment, les salutations s'adressent : beaucoup de guides de rédaction critiquent ce mélange, pourtant fréquent.

Relire un mail en une minute

La relecture d'un message courant ne demande pas de méthode lourde, seulement un ordre fixe.

  1. L'en-tête. Objet, formule d'appel, nom de la personne : relisez-les lettre par lettre, car un nom écorché se remarque tout de suite.
  2. Les verbes. Après chaque « je », -e ou -s ? Chaque son « é » : « prendre » (-er) ou « pris » (-é) ? Une terminaison en -ez sans « vous » à côté est fausse.
  3. Les petits mots. a ou à, ces ou ses, leur ou leurs : appliquez le test de remplacement.
  4. Le correcteur. Passez le message dans le correcteur orthographique en ligne, qui signale l'orthographe, les accords, les homophones et la ponctuation, avec la règle en face de chaque remarque.
  5. Les pièces jointes et les destinataires. Dernier coup d'œil avant d'envoyer.

Les mails écrits vite contiennent aussi leur lot de fautes de frappe : lettre en trop en fin de mot, espace oubliée après une virgule, mot tapé deux fois. Pour les messages importants, la méthode complète pour se relire détaille chaque passe. Et si vous envoyez une candidature, le mail d'accompagnement compte autant que les pièces : voyez les fautes à éviter dans un CV et une lettre de motivation.

Les fautes du mail professionnel en un tableau

Forme fautiveForme correcteRepère
je vous envoije vous envoieenvoyer → j'envoie
je me permetje me permetspermettre → je permets
je vous jointje vous joinsjoindre → je joins
veuillez trouvezveuillez trouvercomme « veuillez prendre »
je vous serez obligéje vous serais obligé« serez » va avec « vous »
je vous serais gréje vous saurais gréverbe savoir
Ci-joints les relevésCi-joint les relevésdébut de phrase : invariable
les relevés ci-jointles relevés ci-jointsaprès le nom : accord
à l'intention de (pour le destinataire)à l'attention del'attention du lecteur
les fichiers que vous m'avez envoyéles fichiers que vous m'avez envoyésCOD placé avant : accord
vous avez du recevoirvous avez dû recevoiraccent sur « dû »
Bonjour a tousBonjour à tous« avait » impossible
Mr DupontM. Dupont« Mr » est anglais
suite àà la suite depréférée par l'Académie
pallier àpalliersans préposition
à toute fin utileà toutes fins utilestoujours au pluriel
cordialemmentcordialementun seul m
jeudi 5 Novembrejeudi 5 novembremois en minuscules

Questions fréquentes

« Je vous envoie » prend-il un e ?

Oui. Tout verbe dont l'infinitif finit par -er prend un e final au présent avec « je » : j'envoie, je remercie, je confirme. Sans e, « envoi » est un nom : « un envoi recommandé ».

« Ci-joint » s'accorde-t-il ?

Oui ou non selon sa position. Il reste invariable quand il ouvre la phrase (« Ci-joint les factures ») ou quand le nom qui suit n'a pas d'article (« vous trouverez ci-joint copie de l'avenant »). Il s'accorde quand il suit le nom : « les factures ci-jointes ». Au milieu de la phrase, devant un nom qui a un article, vous avez le choix : « vous trouverez ci-joint l'attestation » ou « ci-jointe l'attestation ».

Quelle différence entre « à l'attention de » et « à l'intention de » ?

Pour indiquer qui doit lire un courrier, la formule est « à l'attention de » : vous signalez le document à cette personne. « À l'intention de » veut dire « pour », « en l'honneur de » : « une soirée donnée à l'intention des bénévoles ».

Écrit-on « merci de m'avoir répondu » ou « répondue » ?

« Répondu », sans e ni s, même si c'est une femme qui écrit. On répond « à » quelqu'un : « m' » est donc un complément indirect. Or, avec avoir, seul un complément direct placé avant le participe provoque l'accord.

« Je vous serais reconnaissant » ou « je vous serai reconnaissant » ?

Pour une demande polie, on emploie le conditionnel : « je vous serais reconnaissant de bien vouloir… ». Le futur « je vous serai reconnaissant » existe, mais il présente la reconnaissance comme certaine et sonne moins courtois. « Je vous serez » est toujours fautif : « serez » va avec « vous ».

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Mis à jour le 12 octobre 2026

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