Aller au contenu
Correcteur orthographique

Les fautes d'orthographe les plus fréquentes et comment les éviter

Les fautes d'orthographe les plus fréquentes portent sur une poignée de formes qui se prononcent pareil : « a » et « à », « manger » et « mangé », « ces » et « ses », « je serai » et « je serais ». Elles se rangent en neuf familles, et chacune se règle avec un test simple : vous remplacez le mot douteux par un autre qui lève le doute. Voici la liste, la règle en une phrase et l'astuce à retenir.

Sommaire
  1. Pourquoi ce sont toujours les mêmes fautes
  2. 1. Les homophones grammaticaux
  3. 2. Les terminaisons des verbes : -er, -é, -ez, -ait
  4. 3. Le participe passé
  5. 4. Les accords dans la phrase
  6. 5. L'impératif sans s
  7. 6. Futur ou conditionnel : je serai ou je serais
  8. 7. Les mots que l'on écrit mal
  9. 8. Les expressions figées
  10. 9. Accents, majuscules et nombres
  11. Les fautes selon ce que vous écrivez
  12. Comment ne plus faire ces fautes
  13. Questions fréquentes

Pourquoi ce sont toujours les mêmes fautes

À l'oral, rien ne sépare « il a mangé » de « il a manger », ni « les enfant » de « les enfants ». L'écrit, lui, fait la différence. Quand vous écrivez vite, c'est l'oreille qui guide la main, et l'oreille ne connaît pas la grammaire. Les erreurs se concentrent donc sur les terminaisons muettes et sur les petits mots qui sonnent comme d'autres.

On peut distinguer trois sortes d'erreurs. Les fautes grammaticales (homophones, accords, terminaisons de verbes) viennent d'une règle mal appliquée : ce sont les plus nombreuses et les plus visibles. Les fautes d'usage touchent l'écriture d'un mot (« parmis », « acceuil ») : elles se corrigent par la mémoire. Enfin, la faute de frappe n'a rien à voir avec une règle : vous connaissez la bonne forme, mais le doigt a glissé sur le clavier. Savoir de quelle sorte est votre erreur vous dit quoi travailler.

Une seule astuce règle la moitié de cette liste : remplacez le mot qui vous fait hésiter par un mot qui ne s'écrit que d'une façon. « Avait » pour « a », « prendre » pour un verbe en -er, « ou bien » pour « ou ». Si la phrase tient, vous avez la réponse.

1. Les homophones grammaticaux

Ce sont les fautes les plus répandues : de petits mots outils, différents à l'écrit, identiques à l'oral. Chaque paire a son test de remplacement. Les confusions ci-dessous sont les plus courantes ; la page sur les homophones grammaticaux en détaille une vingtaine, avec un tableau complet et des exemples pour chacune.

PaireTestExemple juste
a / à« avait » possible → aIl a rendez-vous à midi.
et / est« était » possible → estLe bureau est fermé et vide.
on / ont« il » → on ; « avaient » → ontOn sait qu'ils ont gagné.
son / sont« étaient » → sont ; « mon » → sonIls sont dans son garage.
ces / sesau singulier : « ce » → ces ; « son », « sa » → sesCes photos sont ses préférées.
c'est / s'est« cela est » → c'est ; « je me suis » → s'estC'est là qu'il s'est assis.
ce / se« me » à la première personne → seCe chien se couche tôt.
ou / où« ou bien » possible → ouOù partez-vous, à la mer ou à la montagne ?
leur / leursdevant un verbe, « lui » → leur, sans sJe leur rends leurs clés.

Elle à oublié son parapluie. → Elle a oublié son parapluie. On peut dire « elle avait oublié ».

Ils on raison, se n'est pas grave. → Ils ont raison, ce n'est pas grave. « Ils avaient raison » ; « cela n'est pas grave ».

Il c'est levé tôt. → Il s'est levé tôt. À la première personne : « je me suis levé ».

2. Les terminaisons des verbes : -er, -é, -ez, -ait

« Manger », « mangé », « mangez », « mangeait » : quatre formes et presque un seul son. C'est la deuxième grande source de fautes. Le test est simple : remplacez le verbe par « prendre », dont toutes les formes s'entendent.

  • Vous pouvez dire prendre : c'est l'infinitif, écrivez -er. On le trouve derrière une préposition comme à, de, pour ou sans, et derrière un verbe conjugué (je vais, il faut, vous pouvez).
  • Vous pouvez dire pris : c'est le participe passé, écrivez -é, puis accordez-le si besoin. C'est le cas après « avoir » et « être ».
  • Vous pouvez dire prenez : la terminaison -ez accompagne toujours « vous », écrit dans la phrase ou implicite comme dans « prenez place ».
  • Vous pouvez dire prenait : c'est l'imparfait, écrivez -ait (ou -ais, -aient selon la personne).

Je vais vous appelez demain. → Je vais vous appeler demain. « Je vais vous prendre », pas « prenez ».

Vous avez oubliez la pièce jointe. → Vous avez oublié la pièce jointe. « Vous avez pris ».

Il reste trois dossiers à traités. → Il reste trois dossiers à traiter. Après « à », toujours l'infinitif.

Avant, il travaillé le samedi. → Avant, il travaillait le samedi. « Il prenait » : imparfait.

3. Le participe passé

La règle de base tient en deux phrases. Avec être, le participe passé se comporte comme un adjectif et suit le sujet : « les filles sont rentrées ». Avec avoir, le sujet ne compte pas : seul le complément d'objet direct (COD) peut provoquer l'accord, et uniquement s'il apparaît avant le verbe : « les lettres que j'ai écrites », mais « j'ai écrit les lettres ».

Pour le cas d'avoir, posez la question « quoi ? » ou « qui ? » juste après le verbe. Si la réponse se trouve avant le participe (souvent sous la forme « que », « la », « les »), accordez. Si elle vient après, ou s'il n'y en a pas, n'accordez pas.

Les invitées sont parti à minuit. → Les invitées sont parties à minuit. Avec être, le participe suit « les invitées ».

Elles ont mangées une pizza. → Elles ont mangé une pizza. Le COD « une pizza » est placé après.

La décision qu'il a pris me surprend. → La décision qu'il a prise me surprend. « qu' » reprend « la décision », placé avant.

Ils nous ont téléphonés hier. → Ils nous ont téléphoné hier. On téléphone « à » quelqu'un : « nous » n'est pas un COD.

Les verbes pronominaux suivent la règle d'avoir quand le pronom n'est pas un COD : « ils se sont parlé » (on parle à quelqu'un), « elle s'est coupé le doigt » (le COD « le doigt » vient après). Dernier cas : devant un infinitif, « fait » ne varie jamais (« je les ai fait entrer »). Depuis les rectifications de 1990, « laissé » placé devant un infinitif peut lui aussi rester invariable (« je les ai laissé entrer ») ; l'accord traditionnel n'est pas fautif pour autant.

4. Les accords dans la phrase

L'accord du verbe

Un verbe prend la personne et le nombre de son sujet, même quand plusieurs mots les séparent. Pour retrouver ce sujet, demandez-vous qui fait l'action, puis remplacez-le par « il » ou « ils » : la terminaison devient évidente.

Les horaires du magasin change en été. → Les horaires du magasin changent en été. Ce sont les horaires qui changent.

C'est moi qui a appelé. → C'est moi qui ai appelé. « Qui » reprend « moi » : première personne.

Je vous envoi le fichier. → Je vous envoie le fichier. Avec « je », les verbes en -er se terminent par -e.

Je me permet de vous écrire. → Je me permets de vous écrire. « Permettre » n'est pas en -er : -s avec « je ».

Le nom, le déterminant et l'adjectif

Après un déterminant au pluriel, le nom se met au pluriel : « plusieurs raisons », « quelques jours ». « Chaque » et « aucun » sont suivis du singulier : chaque jours → chaque jour. L'adjectif s'aligne sur le nom, en genre comme en nombre : « des réponses précises ». S'il qualifie à la fois un nom masculin et un nom féminin, il se met au masculin pluriel : « une table et un buffet anciens ».

Deux exceptions piègent souvent. Les adjectifs de couleur tirés d'un nom (marron, orange, crème) et les couleurs composées restent invariables : « des chaussures marron », « des yeux bleu clair ». Rose, mauve, fauve, pourpre, écarlate et incarnat font exception et s'accordent : « des joues roses ». Quant à « demi », relié au nom qui suit par un trait d'union, il ne varie pas : « une demi-douzaine », mais « trois heures et demie ».

Tout, tous, toute, toutes

Devant un nom, « tout » s'accorde avec lui : « tout le monde », « toute la nuit », « tous les jours », « toutes les fois ». Devant un adjectif, il signifie « tout à fait » et reste invariable (« ils sont tout heureux »), sauf devant un adjectif féminin qui commence par une consonne ou un h aspiré : « elle est toute surprise ».

5. L'impératif sans s

Quand vous donnez un ordre à une personne que vous tutoyez, les verbes en -er s'écrivent sans s : « mange », « envoie », « regarde ». Même chose pour « aller » (va) et pour les verbes qui se conjuguent au présent comme les verbes en -er : ouvrir, offrir, couvrir, cueillir, souffrir (« ouvre », « offre »). Les autres verbes gardent leur s : « prends », « fais », « finis ».

Seule exception : devant « en » et « y », on ajoute un s qui s'entend dans la liaison : « vas-y », « penses-y », « manges-en ».

Envoies-moi l'adresse. → Envoie-moi l'adresse.

Prend ton temps. → Prends ton temps.

Va-y, je te rejoins. → Vas-y, je te rejoins.

6. Futur ou conditionnel : je serai ou je serais

À la première personne du singulier, le futur se termine par -ai et le conditionnel par -ais : « je serai », « je serais ». Pour beaucoup de personnes, les deux se prononcent de la même façon, d'où la faute. Le test : passez à « nous ». « Nous serons » (futur) et « nous serions » (conditionnel) ne se confondent pas.

Le futur annonce un fait prévu : « je serai là lundi ». Le conditionnel exprime une hypothèse ou un souhait poli : « je serais ravi de vous rencontrer », « j'aimerais un rendez-vous ». Cette confusion revient souvent dans les candidatures ; la page sur les fautes d'orthographe dans un CV et une lettre de motivation en donne d'autres exemples.

7. Les mots que l'on écrit mal

Ici, pas de règle de grammaire : des mots courants dont une lettre pose problème. Le plus efficace est d'accrocher la lettre piège à un mot de la même famille ou à un mot qui se termine de la même façon.

Forme fautiveForme correcteRepère
parmisparmiSans s ; c'est « hormis » qui en prend un.
malgrésmalgréToujours invariable.
acceuilaccueilOrdre c-u-e : « cueillir », « recueil ».
apparamentapparemmentAdjectif en -ent, adverbe en -emment : évidemment, récemment.
languagelangagePas de u : la forme avec u est anglaise.
connectionconnexionUn x, comme « réflexion ».
dilemnedilemmeDeux m, comme « flemme ».
cauchemardcauchemarLe nom finit par r, même si le verbe « cauchemarder » contient un d.
professionelprofessionneln double, comme « personnel ».
dévelloperdévelopperl simple et p double, comme « envelopper ».
occurenceoccurrenceDeux c et deux r.
bizzarebizarrez simple, r double.
exigeanceexigence« Exigeant » prend un a, le nom « exigence » n'en a pas.
rénumérationrémunérationm avant n : ré-mu-né-ra-tion.
intérressantintéressantUn r, deux s.
addresseadressed simple ; c'est l'anglais « address » qui en a deux.
aujourdhuiaujourd'huiUne apostrophe, aucune espace.

Trois autres erreurs viennent d'un mot voisin. On écrit « deux, voire trois » quand le sens est « et même ». « Davantage » s'écrit en un mot quand il signifie « plus ». Et l'on est « censé venir » (supposé venir), à ne pas confondre avec « sensé », qui veut dire raisonnable.

8. Les expressions figées

Certaines locutions se prononcent d'un seul souffle, et la main finit par les souder. D'autres prennent un trait d'union ou un accent que l'on oublie.

Forme fautiveForme correcteRepère
biensur, bien surbien sûr« Bien » et « sûr » restent séparés ; « sûr » (certain) a un circonflexe.
quelque soitquel que soitDeux mots devant « soit » ; « quel » s'accorde : quelle que soit l'heure.
entrain deen train de« L'entrain » existe, mais c'est un nom : la bonne humeur.
parcequeparce queNi soudure ni tiret.
c'est à direc'est-à-direDeux traits d'union, accent sur « à ».
à demain, peut êtreà demain, peut-êtreTrait d'union pour l'adverbe (probablement) ; sans lui, on a le verbe pouvoir suivi de être : « elle peut être fière ».
comme mêmequand mêmeLa locution est formée sur « quand ».
soit-disantsoi-disantLe pronom « soi », pas le verbe être.
au fur et à mesuresau fur et à mesure« Mesure » sans s.
entre autreentre autres« Autres » avec un s : il y a plusieurs choses.
tampistant pisSéparé, comme « tant mieux ».
vis à visvis-à-visDeux traits d'union, accent sur « à ».
pallier à une absencepallier une absenceOn pallie quelque chose, directement.

9. Accents, majuscules et nombres

Un accent oublié peut changer le sens : « ou » (un choix) et « où » (un lieu), « sur » (dessus) et « sûr » (certain), « la » (l'article) et « là » (le lieu), « des » et « dès » (à partir de). Les majuscules gardent leurs accents : on écrit « À demain », « État », « Élodie ». Si vous ne savez pas les taper, la rubrique des majuscules accentuées donne les raccourcis pour chaque clavier.

Les jours, les mois, les langues et les adjectifs de nationalité s'écrivent en minuscules : « mardi 4 mars », « elle parle italien », « la cuisine française ». Le nom des habitants prend la majuscule : « les Français ».

Côté nombres, « mille » est invariable : « trois mille euros ». « Cent » et « vingt » prennent un s quand ils sont multipliés et terminent le nombre : « deux cents », « quatre-vingts », mais « deux cent dix » et « quatre-vingt-trois ». Les rectifications de 1990 permettent de relier tous les éléments d'un nombre en lettres par des traits d'union (« deux-cent-dix ») ; l'ancienne graphie reste correcte. Même liberté pour « évènement » (graphie rectifiée) et « événement » (graphie traditionnelle).

Les fautes selon ce que vous écrivez

Les mêmes familles reviennent partout, mais chaque type de texte a ses pièges favoris. Dans un mail professionnel, ce sont « je vous envoie », « veuillez trouver ci-joint » et les formules de politesse. Dans un CV ou une lettre de motivation, ce sont les majuscules des intitulés, les accords dans les listes et le conditionnel. Et quand on tape vite, les coquilles et erreurs de typographie s'ajoutent au reste : lettres inversées, espaces oubliées, mots répétés.

Comment ne plus faire ces fautes

Inutile d'apprendre la liste par cœur. Commencez par repérer vos propres fautes : le test d'orthographe en 30 questions vous montre en quelques minutes les familles qui vous concernent. Travaillez ensuite une seule famille à la fois, jusqu'à ce que son test de remplacement devienne un réflexe.

La dictée en ligne est un bon entraînement : vous écrivez sans voir le texte, puis vous comparez mot à mot avec l'original. Les homophones et les participes y reviennent souvent. Pour organiser ce travail sur plusieurs semaines, la rubrique améliorer son orthographe propose une méthode pas à pas, et la page consacrée à l'art de se relire efficacement détaille les passes de relecture.

Avant d'envoyer un texte qui compte, relisez-le en trois passes : d'abord les verbes (sujet, terminaison, -er ou -é), ensuite les accords des noms et des adjectifs, enfin les petits mots (a, et, on, ces, leur, ou). Passez pour finir le texte dans le correcteur orthographique gratuit du site : il signale l'orthographe, les accords, les homophones et la ponctuation, avec une explication pour chaque remarque. À chaque faute signalée, retrouvez sa famille dans cette liste : c'est ainsi qu'elle cesse de revenir.

Questions fréquentes

Quelles sont les fautes d'orthographe les plus fréquentes en français ?

Les confusions entre homophones grammaticaux (a et à, et et est, on et ont, ces et ses), les terminaisons de verbes (-er ou -é), l'accord du participe passé et l'accord du verbe avec son sujet. Viennent ensuite quelques mots dont on hésite sur une lettre : parmi, malgré, accueil, apparemment, professionnel.

Faute d'orthographe ou faute de grammaire : quelle différence ?

Les grammairiens distinguent l'orthographe d'usage, qui concerne l'écriture d'un mot (« accueil »), et l'orthographe grammaticale, qui concerne les accords et les terminaisons (« ils sont partis »). Dans la vie courante, on appelle « faute d'orthographe » l'une comme l'autre. La distinction reste utile : la première se règle par la mémoire, la seconde par un raisonnement.

Comment savoir s'il faut écrire -er ou -é ?

Remplacez le verbe par « prendre ». Si « prendre » convient (« je vais prendre »), écrivez -er. Si c'est « pris » qui convient (« j'ai pris »), écrivez -é, puis vérifiez l'accord. Si c'est « prenez », la forme en -ez va avec « vous ».

Les rectifications de 1990 sont-elles obligatoires ?

Non. Les graphies rectifiées (« évènement », « maitrise », « deux-cent-dix ») et les graphies traditionnelles (« événement », « maîtrise », « deux cent dix ») sont toutes admises. Choisissez-en une et gardez-la dans tout le texte.

Un correcteur orthographique trouve-t-il toutes les fautes ?

Non. Il repère très bien les mots qui n'existent pas et une bonne partie des accords et des homophones, mais certaines phrases admettent deux formes correctes : « je serai » et « je serais » dépendent de ce que vous voulez dire. L'outil signale, vous tranchez avec la règle.

Comment faire moins de fautes d'orthographe ?

Concentrez-vous sur vos erreurs à vous, pas sur toute la grammaire. Repérez les deux ou trois familles qui reviennent dans vos textes, apprenez le test de remplacement de chacune et appliquez-le à chaque relecture. Au bout de quelques semaines, le réflexe s'installe.

À lire aussi

Mis à jour le 12 octobre 2026

Plus de rubriques